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Estimation des droits
de succession

Succession 2026 : les chiffres clés

100 000 €
Abattement
parent-enfant
0 €
Droits pour le
conjoint marié
5 → 45 %
Barème
ligne directe
60 %
Taux maxi
concubin / tiers

Sources légales : articles 777 (barèmes), 779 (abattements), 784 (rappel fiscal 15 ans), 796-0 bis et 796-0 ter (exonération conjoint/PACS et exonération spéciale frère/sœur cohabitant), 990 I et 757 B (assurance-vie), 790 G (don familial), 790 A bis (don logement), 764 bis (résidence principale), 669 (démembrement) et 787 B (Pacte Dutreil) du Code Général des Impôts. Abattements renouvelables tous les 15 ans.

Comment se calculent les droits de succession ?

Principe : les droits se calculent sur la part nette taxable reçue par chaque bénéficiaire, après imputation de l'abattement encore disponible. Les donations consenties depuis moins de 15 ans sont rappelées fiscalement (article 784 CGI) : elles peuvent réduire l'abattement disponible et faire progresser la taxation dans les tranches du barème.

Trois exemples concrets pour 200 000 € transmis

Enfant — succession
Reçoit 200 000 €
18 194 € de droits
Abattement 100 000 € puis barème 5-20 %
Concubin — succession
Reçoit 200 000 €
119 044 € de droits
Abattement 1 594 € puis taux unique 60 %
Concubin — assurance-vie < 70 ans
Reçoit 200 000 €
9 500 € de taxe
Abattement 152 500 € puis prélèvement 20 %

L'écart est massif : même montant transmis à un même bénéficiaire, la fiscalité varie de 9 500 € à 119 044 € selon le canal utilisé. L'assurance-vie est l'outil numéro 1 pour protéger un concubin (article 990 I CGI).

Abattements succession 2026 — Tableau complet

Les abattements personnels (article 779 CGI) sont déduits de la part reçue avant application du barème. Ils sont renouvelables tous les 15 ans.

Abattements et barèmes selon le lien de parenté — barèmes 2026
BénéficiaireAbattementBarème après abattement
Conjoint mariéExonération totale0 %
Partenaire PACS (avec testament)Exonération totale0 %
Enfant / parent100 000 €5 % à 45 %
Personne handicapée+ 159 325 € (cumulable)Selon lien familial
Frère / sœur15 932 €35 % puis 45 %
Frère/sœur cohabitant (3 conditions)Exonération totale0 %
Neveu / nièce7 967 €55 %
Parent jusqu'au 4ᵉ degré1 594 €55 %
Concubin / ami / tiers1 594 €60 %
Petit-enfant — succession directe1 594 €Ligne directe
Petit-enfant — par représentation100 000 € à partagerLigne directe
Petit-enfant — donation31 865 €Ligne directe

L'article 779 CGI confirme les abattements principaux : 100 000 € en ligne directe, 159 325 € pour personne handicapée, 15 932 € entre frères/sœurs, 7 967 € pour neveux/nièces.

Barème droits de succession — ligne directe (article 777 CGI)

Le barème progressif s'applique après abattement, sur la part nette taxable :

Barème 2026 ligne directe (parent-enfant) — article 777 CGI
Tranche de part nette taxableTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Assurance-vie et succession — l'outil numéro 1

L'assurance-vie est en principe hors succession civile lorsqu'un bénéficiaire est déterminé : le capital est versé directement à ce bénéficiaire (article L132-12 du Code des assurances), sous réserve notamment des primes manifestement exagérées (article L132-13), qui peuvent être réintégrées à la succession. Fiscalement, l'assurance-vie bénéficie de deux régimes propres selon l'âge de l'assuré au moment des versements.

Fiscalité de l'assurance-vie au décès — selon date des versements
Date des versementsArticle CGIAbattementTaxation
Avant 70 ansArticle 990 I152 500 € par bénéficiaire20 % puis 31,25 % au-delà de 700 000 €
Après 70 ansArticle 757 B30 500 € global (tous bénéficiaires)Droits de succession selon le lien familial, sur la fraction taxable des primes versées après 70 ans
Conjoint / PACSLoi TEPAIllimité0 %
Concubin (avant 70 ans)Article 990 I152 500 €20 % puis 31,25 %

Avant 70 ans, l'assurance-vie ignore le lien de parenté. C'est pourquoi elle est fiscalement décisive pour transmettre à un concubin, un frère/sœur, un neveu/nièce ou un tiers — qui seraient autrement taxés à 55-60 %.

Donations 2026 — anticiper la transmission

Donations et successions partagent certains abattements, notamment les 100 000 € en ligne directe (article 779 CGI), mais plusieurs régimes sont propres aux donations : abattement petit-enfant 31 865 €, don familial de sommes d'argent 31 865 € (article 790 G), donation entre époux ou partenaires de PACS 80 724 €, dispositif logement 790 A bis. Avantage déterminant : le compteur se remet à zéro tous les 15 ans (rappel fiscal de l'article 784 CGI).

Dispositifs de donation 2026 et plafonds exonérés
DispositifMontantCondition
Parent → enfant100 000 €Tous les 15 ans
Don familial d'argent31 865 €Donateur < 80 ans, donataire majeur
Grand-parent → petit-enfant31 865 €Donation
Arrière-grand-parent → arrière-petit-enfant5 310 €Donation
Époux / partenaire PACS80 724 €Tous les 15 ans
Don logement (article 790 A bis)100 000 € / donateur — 300 000 € / donataireLogement neuf, VEFA ou rénovation énergétique, jusqu'au 31/12/2026
L'astuce que beaucoup oublient
131 865 € transmis à un enfant majeur sans droits
100 000 € d'abattement parent-enfant (article 779) + 31 865 € de don familial d'argent (article 790 G) = 131 865 € exonérés par parent et par enfant majeur, renouvelables tous les 15 ans. Pour un couple avec deux enfants majeurs : 527 460 € transmissibles sans droits, à répéter tous les 15 ans.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la déclaration des dons manuels et dons de sommes d'argent se fait en principe en ligne sur impots.gouv.fr. Les délais varient selon la nature du don : en pratique, les dons familiaux de sommes d'argent (article 790 G CGI) doivent être déclarés ou enregistrés dans le mois suivant la date du don, tandis que les dons manuels ordinaires relèvent du régime de la révélation à l'administration (déclaration dans le mois suivant la révélation).

Résidence principale — abattement 20 % (article 764 bis CGI)

L'article 764 bis du CGI prévoit un abattement de 20 % sur la valeur vénale réelle de la résidence principale du défunt, sous conditions strictes :

  • Le bien doit être la résidence principale du défunt au jour du décès
  • Le logement doit être occupé, au jour du décès, par le conjoint, le partenaire de PACS, un enfant mineur ou un enfant majeur protégé
  • Si le défunt vivait seul, l'abattement n'est pas applicable (BOFiP)
  • Une SCI classique ne bénéficie pas de cet abattement (sauf SCI d'attribution)

Attention au piège : l'abattement de 20 % réduit les droits de succession, mais peut majorer la plus-value future si les héritiers revendent le bien (la valeur retenue dans la succession devient le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value).

Démembrement — usufruit et nue-propriété (article 669 CGI)

Le démembrement consiste à séparer la pleine propriété en deux droits : l'usufruit (droit d'utiliser et de percevoir les revenus) et la nue-propriété (droit de disposer du bien). Au décès de l'usufruitier, l'usufruit s'éteint civilement (article 617 du Code civil) et la pleine propriété se reconstitue chez le nu-propriétaire sans droit supplémentaire en application de l'article 1133 du CGI, sous réserve des présomptions fiscales anti-abus.

Barème fiscal usufruit / nue-propriété — article 669 CGI
Âge de l'usufruitierValeur usufruitValeur nue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
21 à 30 ans80 %20 %
31 à 40 ans70 %30 %
41 à 50 ans60 %40 %
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
Plus de 91 ans10 %90 %
Optimisation patrimoniale
Donner avant 71 ans = -10 points d'assiette taxable
Donner la nue-propriété d'un bien avant 71 ans place la nue-propriété à 60 % de la valeur (au lieu de 70 % entre 71 et 80 ans). Sur un bien de 500 000 €, c'est 50 000 € d'assiette taxable en moins, soit jusqu'à 22 500 € de droits économisés en ligne directe à 45 %.

Pacte Dutreil 2026 — exonération 75 % (article 787 B CGI)

Le Pacte Dutreil permet de transmettre une entreprise familiale avec une exonération de 75 % de la valeur des titres ou de l'entreprise. La Loi de Finances 2026 a durci certaines conditions.

Pacte Dutreil 2026 — points clés (article 787 B CGI)
PointRègle 2026
Exonération75 % de la valeur éligible
Activités éligiblesIndustrielle, commerciale, artisanale, agricole, libérale
Engagement collectif2 ans (inchangé)
Engagement individuel6 ans (LF 2026 — était 4 ans)
Durée totale minimale8 ans
Actifs exclus à due proportion (LF 2026)Actifs de jouissance ou patrimoniaux non exclusivement affectés à l'activité éligible : véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance, aéronefs, bijoux, métaux précieux, objets d'art ou de collection, chevaux de course ou de concours, vins et alcools, logements et résidences
Réduction donation pleine propriété < 70 ans50 % (article 790 CGI maintenu)

La LF 2026 a modifié l'article 787 B CGI sur deux points majeurs : passage de 4 à 6 ans de l'engagement individuel et exclusion à due proportion des actifs de jouissance ou patrimoniaux qui ne sont pas exclusivement affectés à l'activité éligible.

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Stratégies d'optimisation succession 2026

  • Anticipez via les donations : le rappel fiscal de 15 ans permet de fractionner la transmission sur plusieurs cycles (100 000 € + 31 865 € par parent et par enfant majeur, renouvelable)
  • Utilisez l'assurance-vie avant 70 ans : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire (article 990 I), indépendant du lien de parenté — décisif pour les concubins, frères/sœurs, neveux/nièces
  • Démembrez avant 71 ans : la nue-propriété passe de 60 % à 70 % de la valeur après 70 ans — donner avant économise 10 points d'assiette
  • Combinez résidence principale et abattement 764 bis : 20 % de réduction si conditions de cohabitation remplies
  • Planifiez la transmission d'entreprise via le Pacte Dutreil : 75 % d'exonération maintenue malgré le durcissement LF 2026
  • Désignez un bénéficiaire d'assurance-vie autre que le conjoint : le conjoint est déjà exonéré (TEPA), les enfants ou un tiers exploitent mieux les 152 500 €
  • Faites appel à un notaire dès qu'il existe un bien immobilier, un testament, une donation entre époux, une famille recomposée ou un patrimoine significatif (acte de notoriété requis au-delà de 5 965 €). Au-delà de 500 000 €, l'audit patrimonial sur-mesure devient fortement recommandé : démembrement croisé, SCI familiale, pacte Dutreil
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Questions fréquentes — Succession 2026

Quel est le barème des droits de succession en 2026 ?

En ligne directe (article 777 CGI) : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % jusqu'à 12 109 €, 15 % jusqu'à 15 932 €, 20 % jusqu'à 552 324 €, 30 % jusqu'à 902 838 €, 40 % jusqu'à 1 805 677 € et 45 % au-delà. Frères/sœurs : 35 % puis 45 %. Neveux/nièces : 55 %. Concubins/tiers : 60 %.

Quel abattement pour un enfant en 2026 ?

L'abattement est de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans (article 779 CGI). Donc un couple peut transmettre 200 000 € à chaque enfant sans droits de succession, et le compteur se remet à zéro tous les 15 ans.

Quel abattement pour un petit-enfant ?

1 594 € en succession directe, 100 000 € à partager si le petit-enfant hérite par représentation (parent décédé), 31 865 € en cas de donation. La donation est donc fiscalement bien plus favorable que la succession directe pour transmettre à ses petits-enfants.

Quel taux pour un concubin ?

60 % après un abattement de seulement 1 594 €. Le concubin n'a aucun droit automatique dans la succession et est taxé comme un tiers. C'est pourquoi l'assurance-vie (152 500 € d'abattement avant 70 ans) est l'outil incontournable pour protéger un concubin.

Le conjoint marié paie-t-il des droits de succession ?

Non. Le conjoint marié bénéficie d'une exonération totale des droits de succession depuis la loi TEPA de 2007. Il en va de même pour le partenaire de PACS, à condition qu'il soit désigné par testament (sinon il n'hérite pas civilement).

Le partenaire de PACS hérite-t-il automatiquement ?

Non. Fiscalement, le partenaire de PACS est exonéré de droits de succession. Mais civilement, il doit être désigné par testament pour hériter, sinon ce sont les enfants ou les parents du défunt qui héritent en priorité.

Quels droits entre frères et sœurs ?

Abattement de 15 932 € (article 779 CGI), puis taux de 35 % jusqu'à 24 430 € et 45 % au-delà. Cas particulier : un frère ou une sœur célibataire/veuf/divorcé/séparé de plus de 50 ans ou infirme, ayant cohabité avec le défunt pendant 5 ans, peut être totalement exonéré.

Un frère ou une sœur peut-il être totalement exonéré ?

Oui, sous trois conditions cumulatives (service-public.fr) : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé ; avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité empêchant de travailler ; et avoir vécu en permanence avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès.

L'assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?

Civilement, l'assurance-vie est en principe hors succession lorsqu'un bénéficiaire est déterminé (article L132-12 du Code des assurances), sous réserve notamment des primes manifestement exagérées qui peuvent être contestées (L132-13). Fiscalement, elle peut être taxée selon l'article 990 I CGI (versements avant 70 ans, abattement 152 500 € par bénéficiaire) ou l'article 757 B CGI (versements après 70 ans, abattement global 30 500 €).

Quelle fiscalité de l'assurance-vie avant 70 ans ?

Article 990 I CGI : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (sans condition de lien de parenté), puis prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable, et 31,25 % au-delà. C'est le régime le plus favorable, indépendant du lien familial.

Quelle fiscalité de l'assurance-vie après 70 ans ?

Article 757 B CGI : abattement global (tous bénéficiaires confondus) de 30 500 € sur les primes versées, puis droits de succession classiques selon le lien de parenté avec le défunt. Les intérêts capitalisés restent exonérés.

Faut-il désigner son conjoint comme bénéficiaire d'une assurance-vie ?

Pas toujours utile fiscalement, car le conjoint est déjà exonéré de droits de succession (loi TEPA). Désigner les enfants ou un concubin permet de mieux exploiter l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire de l'article 990 I CGI.

Combien peut-on donner à un enfant sans droits ?

100 000 € par parent et par enfant (article 779 CGI), tous les 15 ans, plus 31 865 € de don familial d'argent (article 790 G CGI) si le donateur a moins de 80 ans et le donataire est majeur. Soit 131 865 € exonérés par parent et par enfant majeur.

Le don familial de 31 865 € existe-t-il toujours en 2026 ?

Oui (article 790 G CGI). Ce don de sommes d'argent (chèque, virement, espèces) est exonéré dans la limite de 31 865 € tous les 15 ans, sous condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le donataire soit majeur ou émancipé. Il doit être déclaré ou enregistré par le donataire dans le mois suivant la date du don, en principe par voie électronique sur impots.gouv.fr depuis le 1er janvier 2026.

Faut-il déclarer un don manuel ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons manuels et dons de sommes d'argent se fait en principe en ligne sur impots.gouv.fr. Les délais varient selon la nature du don : les dons familiaux de sommes d'argent (article 790 G CGI) doivent être déclarés ou enregistrés dans le mois suivant la date du don, tandis que les dons manuels ordinaires relèvent du régime de la révélation à l'administration (déclaration dans le mois suivant la révélation). Cette déclaration fait courir le délai de rappel fiscal de 15 ans (article 784 CGI).

Qu'est-ce que le rappel fiscal de 15 ans ?

Lors d'une nouvelle donation ou d'une succession, l'administration fiscale rappelle les donations consenties par le défunt depuis moins de 15 ans pour calculer les abattements et taux applicables. Au-delà de 15 ans, les anciennes donations sont effacées : les abattements sont entièrement reconstitués.

La résidence principale bénéficie-t-elle d'un abattement ?

Oui, abattement de 20 % sur la valeur vénale réelle de la résidence principale du défunt (article 764 bis CGI), à condition que le logement soit également occupé, au jour du décès, par le conjoint, le partenaire de PACS, un enfant mineur ou un enfant majeur protégé.

Le défunt vivant seul ouvre-t-il droit à l'abattement de 20 % ?

Non. Le BOFiP précise que si le défunt occupait seul sa résidence principale au jour du décès, l'abattement de 20 % de l'article 764 bis CGI n'est pas applicable. Il faut une cohabitation avec un proche habilité (conjoint, PACS, enfant mineur ou protégé).

Une résidence principale en SCI bénéficie-t-elle de l'abattement ?

En principe non : la résidence détenue via une SCI classique ne bénéficie pas de l'abattement de 20 %, car les héritiers reçoivent des parts de SCI, pas un bien immobilier. Seules les SCI d'attribution (cas particulier) peuvent y prétendre.

Que se passe-t-il au décès de l'usufruitier ?

Civilement, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue chez le nu-propriétaire (article 617 du Code civil). Fiscalement, cette réunion ne donne en principe ouverture à aucun droit supplémentaire en application de l'article 1133 du CGI, sous réserve notamment des présomptions fiscales anti-abus. C'est l'avantage majeur du démembrement : la transmission est gratuite au second décès.

Quel âge est stratégique pour donner la nue-propriété ?

Avant un changement de tranche du barème de l'article 669 CGI, notamment avant 71 ans : la nue-propriété passe alors de 60 % (61-70 ans) à 70 % (71-80 ans) de la valeur du bien. Donner avant 71 ans permet d'économiser 10 points d'assiette taxable.

Le Pacte Dutreil existe-t-il encore en 2026 ?

Oui, mais il est durci par la LF 2026 (article 787 B CGI) : engagement individuel passé de 4 à 6 ans, et exclusion à due proportion de certains actifs de jouissance ou patrimoniaux non exclusivement affectés à l'activité éligible (véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance, aéronefs, bijoux, métaux précieux, objets d'art ou de collection, chevaux de course ou de concours, vins et alcools, logements et résidences). Exonération de 75 % maintenue.

Comment sont calculés les droits de succession ?

Les droits se calculent sur la part nette taxable reçue par chaque bénéficiaire, après imputation de l'abattement encore disponible. Les donations consenties depuis moins de 15 ans sont rappelées fiscalement (article 784 CGI) : elles peuvent réduire l'abattement disponible et faire progresser la taxation dans les tranches du barème. L'abattement varie de 1 594 € (concubin, tiers) à 100 000 € (enfant), avec exonération totale pour le conjoint marié et le partenaire de PACS désigné par testament.

Peut-on transmettre 131 865 € à un enfant sans droits ?

Oui, par parent et par enfant majeur : 100 000 € d'abattement parent-enfant (article 779) + 31 865 € de don familial d'argent (article 790 G), soit 131 865 €. Pour un couple avec deux enfants majeurs, cela représente 527 460 € transmissibles sans droits, renouvelables tous les 15 ans.

Quelle est la différence entre donation et succession ?

La donation se fait du vivant du donateur, la succession au décès. Les deux suivent le même barème et partagent certains abattements (notamment les 100 000 € en ligne directe), mais plusieurs régimes sont propres aux donations : abattement petit-enfant 31 865 €, don familial de sommes d'argent (article 790 G), donation entre époux ou partenaires de PACS 80 724 €, dispositif logement 790 A bis. La donation permet d'anticiper, de fractionner les transmissions sur plusieurs cycles de 15 ans, et d'utiliser le démembrement pour réduire l'assiette taxable.

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Succession patrimoniale 2026

Droits de succession 2026 — sources légales

Tous les calculs s'appuient sur les articles du Code Général des Impôts en vigueur en 2026, la doctrine BOFiP-Impôts (DGFiP) et les ressources service-public.fr.

Article CGISujetMontant clé
Article 777Barème ligne directe5 % à 45 %
Article 779Abattements principaux100 000 €
Article 784Rappel fiscal des donations15 ans
Article 796-0 bisExonération conjoint et PACS0 %
Article 796-0 terExonération spéciale frère/sœur cohabitant0 %
Article 990 IAssurance-vie avant 70 ans152 500 €
Article 757 BAssurance-vie après 70 ans30 500 €
Article 669Démembrement (barème âge)10 % à 90 %
Article 764 bisRésidence principale20 %
Article 787 BPacte Dutreil75 %
Article 790 GDon familial d'argent31 865 €
Article 790 A bisDon logement (jusqu'au 31/12/2026)100 000 €
Article 751Présomption fiscale anti-abus en démembrementRéintégration possible
Article 1133Extinction usufruit / réunion à la nue-propriétéAucun droit en principe
Articles L132-12 / L132-13 (Code des assurances)Assurance-vie hors succession / primes exagéréesHors succession sous réserve

Combien un couple peut-il transmettre à ses 2 enfants sans droits ?

527 460 € renouvelables tous les 15 ans : 100 000 € d'abattement parent-enfant (article 779 CGI) + 31 865 € de don familial d'argent (article 790 G CGI), par parent et par enfant majeur. Soit 131 865 € × 2 parents × 2 enfants = 527 460 €, à répéter tous les 15 ans grâce au rappel fiscal de l'article 784 CGI.

Pourquoi donner la nue-propriété avant 71 ans ?

Pour économiser 10 points d'assiette taxable. Article 669 CGI : la nue-propriété passe de 60 % (61-70 ans) à 70 % (71-80 ans) de la valeur du bien. Sur un bien de 500 000 €, c'est 50 000 € d'assiette taxable en moins, soit jusqu'à 22 500 € de droits économisés en ligne directe à 45 %.

Quels actifs sont exclus du Pacte Dutreil depuis la LF 2026 ?

Article 787 B CGI : exclusion à due proportion des actifs non exclusivement affectés à l'activité éligible — véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance, aéronefs, bijoux, métaux précieux, objets d'art ou de collection, chevaux de course ou de concours, vins et alcools, logements et résidences. Exonération de 75 % maintenue sur les actifs éligibles.

Comment réduire les droits sur la résidence principale ?

Abattement de 20 % sur la valeur vénale réelle (article 764 bis CGI), à condition que le logement soit également occupé au jour du décès par le conjoint, le partenaire de PACS, un enfant mineur ou un enfant majeur protégé. Si le défunt vivait seul, l'abattement n'est pas applicable (BOFiP).