Indemnité de rupture conventionnelle 2026 : ce que vous touchez vraiment, après impôt, charges et chômage

Rupture conventionnelle 2026 : une salariée et un responsable des ressources humaines finalisent d'un commun accord la convention de rupture, document et stylo sur la table

Quitter un CDI d'un commun accord, avec une indemnité et le droit au chômage : c'est la promesse de la rupture conventionnelle, devenue le mode de rupture négocié de référence : 514 627 conventions homologuées en 2024, environ 517 000 en 2025, soit 65 % de plus qu'il y a dix ans [24]. Le premier trimestre 2026 marque un premier recul, à 122 600 (−2,8 %), après le passage de la contribution patronale à 40 % au 1er janvier ; la réduction des durées d'indemnisation chômage propres à la rupture conventionnelle, en vigueur depuis le 1er septembre 2026, vise à prolonger ce mouvement (section 6).

Mais entre le montant écrit sur la convention et ce qui arrive sur le compte en banque, puis sur l'allocation de France Travail, il y a trois calculs distincts que peu de salariés maîtrisent.

Ce guide suit l'ordre des questions que l'on se pose. D'abord le minimum : la formule légale, le salaire de référence, et ce que votre convention collective ajoute ou non. Ensuite le net : les trois règles d'exonération qui s'empilent, l'impôt sur le revenu, les cotisations et la CSG, puis la contribution de 40 % que paie l'employeur depuis le 1er janvier 2026. Enfin le chômage : le différé qui repousse la première allocation, et les durées propres à la rupture conventionnelle pour les fins de contrat depuis le 1er septembre 2026.

Les chiffres sont ceux de 2026 : plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de 48 060 €, diviseur Unédic de 111,80 €, partie fixe de l'allocation de 13,18 €. Chaque exemple indique les données qu'il utilise. Ils ne remplacent ni un solde de tout compte, ni une notification de France Travail, ni un conseil individualisé, mais ils suffisent à comprendre où se joue la négociation.

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Minimum légal, minimum de 25 conventions collectives, net après CSG et cotisations, différé chômage et calendrier : le simulateur ZenFiscal part de votre date d'entrée et de votre salaire, barèmes 2026, sans inscription.
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1. Définition et conditions : ce qu'est, et n'est pas, une rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle individuelle permet à un salarié en CDI et à son employeur de convenir de la fin du contrat (Code du travail, art. L1237-11 à L1237-16) [1]. Elle n'est ni un licenciement, ni une démission : aucune des deux parties n'a à motiver sa décision, et aucune ne peut l'imposer à l'autre. Elle donne droit à une indemnité spécifique et ouvre l'accès à l'assurance chômage lorsque les conditions d'indemnisation sont remplies.

Les conditions

Ce qu'elle n'est pas

2. Le minimum légal et le salaire de référence

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (art. L1237-13) [1]. C'est le plancher absolu, quel que soit le secteur.

La formule (art. R1234-1 à R1234-4) [2] :

Exemple : salaire de référence 3 200 €, ancienneté 12 ans et 6 mois. Pour les dix premières années : 3 200 × 1/4 × 10 = 8 000 €. Pour les 2 ans et 6 mois suivants : 3 200 × 1/3 × 2,5 = 2 667 €. Total : 10 667 €.

Aucune ancienneté minimale. Le seuil de 8 mois qui conditionne l'indemnité légale de licenciement ne s'applique pas à la rupture conventionnelle : l'indemnité est due dès le premier mois, au prorata du nombre de mois de présence [3]. Un salarié qui compte 7 mois d'ancienneté à la date de fin du contrat, avec 3 000 € de salaire de référence, a droit à 3 000 × 1/4 × 7/12 = 437,50 €.

L'ancienneté se compte jusqu'à la fin du contrat, pas jusqu'à la signature, période d'essai comprise. Les congés payés, le congé maternité et les suspensions pour accident du travail ou maladie professionnelle sont pris en compte ; le congé parental à temps plein compte pour moitié ; les absences pour maladie non professionnelle, congé sabbatique ou congé sans solde sont exclues du calcul légal, sauf règle conventionnelle plus favorable [5]. Un passage à temps partiel ne réduit pas l'ancienneté : l'indemnité est calculée au prorata des périodes à temps plein et à temps partiel.

Le salaire de référence est le plus favorable des deux montants suivants [2] :

Entrent dans le brut : salaire de base, heures supplémentaires, primes et commissions, avantages en nature. N'entrent pas : remboursements de frais, participation et intéressement, indemnité compensatrice de congés payés. Un arrêt maladie ou un temps partiel thérapeutique ne doit pas diminuer le salaire de référence : la comparaison porte sur les rémunérations des douze ou trois mois précédant la période concernée [5].

3. Conventions collectives et accord d'entreprise : quand le minimum est plus élevé

Pour les employeurs du champ de l'accord national interprofessionnel du 11 janvier 2008, l'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité conventionnelle de licenciement quand celle-ci dépasse la légale [6]. Dans les branches hors de ce champ (certaines professions libérales, secteur agricole, économie sociale, particuliers employeurs), seule la légale est garantie, sauf disposition contraire de la convention.

Les règles conventionnelles dépendent de la branche, de la catégorie professionnelle, de l'ancienneté et parfois de l'âge. Cinq exemples parmi les conventions les plus répandues :

Indemnité de licenciement de cinq conventions collectives comparée au minimum légal : Syntec, Métallurgie, commerce alimentaire, transports routiers, hôtels-cafés-restaurants
Convention (IDCC)Barème de l'indemnité de licenciementPar rapport à la loi
Syntec (1486), ingénieurs et cadres, art. 4.5 [7]1/4 de mois par année avant 2 ans d'ancienneté ; 1/3 de mois par année à partir de 2 ansSupérieur dès 2 ans
Métallurgie (3248), groupes F à I, art. 75.3 [8]1/4 de mois par an avant 8 ans ; à partir de 8 ans, 1/5 de mois pour les 7 premières années puis 3/5 pour les suivantes, plafond 18 mois ; majorations de 20 % (50 à 54 ans) et 30 % (55 à 59 ans) sous condition de 5 ans d'ancienneté, avec planchers de 3 et 6 moisSupérieur au-delà de 8 ans ou à partir de 50 ans
Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (2216), cadres [9]1/4 de mois par an jusqu'à 5 ans ; au-delà, 3/10 jusqu'à 10 ans, 4/10 de 10 à 20 ans, 5/10 au-delà, avec plafond et complément après 40 ans de présenceSupérieur au-delà de 5 ans
Transports routiers (16), ingénieurs et cadres, annexe IV art. 17 [10]À partir de 3 ans de présence : 4/10 de mois par année passée dans la catégorie cadres, 3/10 pour les années antérieures en employé, technicien ou agent de maîtriseSupérieur
Hôtels, cafés, restaurants (1979), art. 32 [11]1/10 de mois par an, 1/15 de plus au-delà de 10 ansInférieur : la loi s'applique

Beaucoup de textes renvoient à la loi ou la reprennent (immobilier, services de l'automobile, experts-comptables, organismes de formation, boulangerie-pâtisserie) ; d'autres fixent une ancienneté minimale (un an dans la banque) ou un barème propre (pharmacie d'officine). Chaque calcul doit identifier le texte applicable et comparer son résultat au minimum légal : le simulateur le fait pour 25 conventions, avec les questions propres à chacune (catégorie, âge, années passées dans un autre statut).

L'accord d'entreprise. Un accord d'entreprise applicable peut fixer le minimum de rupture conventionnelle lorsqu'il prévoit une indemnité de licenciement ayant le même objet ; l'arrêt de la Cour de cassation du 1er juillet 2026 en fournit une illustration [12]. Deux calculs restent distincts : le minimum à verser et le montant exonéré d'impôt. L'exonération fiscale vise l'indemnité prévue par la loi ou par la convention de branche (section 4) ; une indemnité fixée par un accord d'entreprise n'est pas automatiquement exonérée en totalité à ce titre [13]. Avant de signer, renseignez-vous auprès du service RH ou du CSE.

Comparez votre minimum légal et conventionnel
Le simulateur applique le barème de votre convention, pose les questions qu'elle exige, et vous dit lequel des deux minimums s'impose.
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Indemnité de rupture conventionnelle 2026 : minimum légal 3 125 €, minimum conventionnel 4 167 €, montant négocié 6 000 €, net salarié 5 822 € après 178 € de CSG-CRDS, coût employeur 8 400 € dont 2 400 € de contribution patronale de 40 %

4. Du brut au net : impôt, cotisations, CSG

Pour un salarié qui ne peut pas encore prétendre à une pension de retraite, l'indemnité de rupture conventionnelle suit le régime de l'indemnité de licenciement : trois règles distinctes s'empilent, chacune avec sa propre limite. Les montants ci-dessous concernent une indemnité versée en 2026.

Règle 1 — L'impôt sur le revenu (CGI, art. 80 duodecies) [13]. L'indemnité est exonérée dans la limite du plus élevé de :

Les limites (b) et (c) sont plafonnées à 6 PASS, soit 288 360 € en 2026. Ce plafond ne s'applique pas à la limite (a) : un minimum conventionnel reste exonéré même s'il dépasse 288 360 €. La part imposable entre dans les traitements et salaires, avec prélèvement à la source, et peut bénéficier du système du quotient réservé aux revenus exceptionnels (CGI, art. 163-0 A).

Règle 2 — Les cotisations sociales (CSS, art. L242-1) [14]. L'indemnité est exclue de l'assiette des cotisations à hauteur de la part exonérée d'impôt, dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 €. Au-delà, cotisations de droit commun, salariales et patronales.

Règle 3 — La CSG et la CRDS (CSS, art. L136-1-1) [14]. Elles ne sont pas dues sur le plus petit des deux montants suivants : le minimum légal ou conventionnel, et la part exclue des cotisations. Le surplus supporte 9,7 %, sans abattement pour frais professionnels. La CRDS n'est jamais déductible ; une fraction de la CSG l'est seulement sur les sommes imposables [16].

Indemnité de rupture conventionnelle 2026 : traitement de chaque fraction pour l'impôt, les cotisations et la CSG-CRDS
Fraction de l'indemnitéImpôtCotisationsCSG-CRDS
Jusqu'au minimum légal ou conventionnelExonéréeExclueExonérée
Au-delà, jusqu'à max(2 × N-1 ; 50 %), sous 288 360 €ExonéréeExclue jusqu'à 96 120 €9,7 %
Au-delà de la part exclue des cotisationsImposableSoumise9,7 %

Exemple où tout se calcule. Salarié qui ne peut pas prétendre à une pension, indemnité de 20 000 €, minimum légal et conventionnel de 10 000 €, rémunération brute de l'année précédente 30 000 €. Exonération d'impôt : le plus élevé de 10 000 €, 60 000 € et 10 000 €, soit 60 000 € : les 20 000 € sont entièrement exonérés et, étant sous 96 120 €, entièrement exclus des cotisations. CSG-CRDS : (20 000 − 10 000) × 9,7 % = 970 €. Net de l'indemnité : 19 030 €.

Exemple avec une part imposable. Indemnité de 150 000 €, minimum conventionnel de branche 60 000 €, rémunération N-1 50 000 €, pas de droit à pension.

Exemple chiffré : indemnité de rupture conventionnelle de 150 000 € avec une part imposable
ÉlémentMontant
Fraction exonérée d'impôt : le plus élevé de 60 000, 100 000 et 75 000, sous 288 360100 000 €
Fraction imposable50 000 €
Fraction exclue des cotisations : le plus petit de 100 000 et 96 12096 120 €
Assiette des cotisations53 880 €
Assiette de CSG-CRDS : 150 000 − 60 00090 000 €
CSG-CRDS à 9,7 %8 730 €

Le net final dépend ensuite des cotisations applicables à la situation du salarié sur les 53 880 € soumis, et de son impôt sur 50 000 € ; le simulateur en donne une estimation à taux moyens.

Le cas de la retraite. Lorsque le salarié peut bénéficier d'une pension de retraite d'un régime légalement obligatoire à la date de la rupture, même avec décote, l'indemnité est imposable dès le premier euro. Elle conserve en revanche l'exclusion de cotisations dans la limite de 2 PASS, avec la contribution patronale correspondante [14].

Le cumul d'indemnités. En cas de cumul d'une indemnité de cessation forcée d'un mandat social et d'une indemnité de rupture du contrat de travail, les deux sont additionnées : au-delà de 5 PASS (240 300 €), elles sont intégralement soumises à cotisations. Hors mandat, ce seuil est de 10 PASS (480 600 €) [14].

5. Le coût pour l'employeur : la contribution de 40 %

L'indemnité n'est pas le seul coût. Sur la part exclue des cotisations, l'employeur acquitte une contribution patronale spécifique de 40 % pour les ruptures intervenant depuis le 1er janvier 2026 (CSS, art. L137-12, modifié par l'article 15 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026) [15]. Le taux était de 30 % de septembre 2023 à décembre 2025 et de 20 % avant, sous la forme du forfait social.

Reprenons l'exemple des 20 000 € entièrement exclus des cotisations : contribution de 40 % × 20 000 = 8 000 €, soit un coût employeur de 28 000 € pour cette seule indemnité, hors solde de congés payés et autres sommes de fin de contrat. Sur la part soumise aux cotisations, ce sont les cotisations patronales de droit commun qui s'appliquent à la place de la contribution.

Cette contribution n'apparaît sur aucun document remis au salarié, mais elle pèse sur la négociation : pour 10 000 € versés dans l'exonération, l'entreprise débourse 14 000 €. L'employeur qui propose la rupture a souvent déjà fait ce calcul ; le salarié qui la demande a intérêt à le connaître.

Estimez votre indemnité nette et ce qu'elle coûte à l'employeur
Montant proposé ou minimum calculé : le simulateur sépare ce que vous percevez, ce que vous déclarez et ce que paie l'entreprise.
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Après une rupture conventionnelle : un cadre quitte une tour de bureaux du quartier d'affaires, un chapitre se ferme et l'assurance chômage prend le relais

6. Chômage après une rupture conventionnelle en 2026

La rupture conventionnelle est une perte involontaire d'emploi au sens de l'assurance chômage [17]. Elle ouvre droit à l'allocation de retour à l'emploi (ARE) aux conditions habituelles : au moins 6 mois d'affiliation (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou 36 mois à partir de 55 ans ; inscription à France Travail ; recherche active d'emploi. Depuis le 1er avril 2026, les personnes sans ouverture de droits au cours des vingt années précédentes bénéficient d'une condition dérogatoire de 5 mois (108 jours ou 758 heures) [19].

Quand commence le versement ? Trois délais s'additionnent à partir du lendemain de la fin du contrat [17] :

Chômage après une rupture conventionnelle en 2026 : différé spécifique, différé congés payés et délai d'attente
DélaiRègle 2026Plafond
Différé spécifique(indemnités versées − indemnité légale de licenciement) ÷ 111,80 €, arrondi à l'entier inférieur150 jours
Différé congés payésindemnité compensatrice de congés payés ÷ salaire journalier de référence, en tenant compte des fins de contrat des six mois précédents30 jours
Délai d'attente7 jours, non appliqués une seconde fois dans les douze mois—

Le différé spécifique se calcule sur l'écart avec l'indemnité légale, pas conventionnelle : les indemnités conventionnelles supérieures à la loi y entrent aussi. Un ingénieur Syntec qui perçoit exactement son minimum conventionnel de 14 444 € (légale : 11 111 €) subit un différé de 3 333 ÷ 111,8 = 29 jours. Une indemnité dépassant le minimum légal de 16 770 € ou plus atteint le différé maximal de 150 jours. Ces différés repoussent le début de l'indemnisation ; ils ne réduisent pas, par eux-mêmes, la durée des droits.

Combien de temps ? Pour les fins de contrat intervenant depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle est propre à ce mode de rupture (loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 et avenant n° 2 du 10 avril 2026) [20] :

Durée maximale d'indemnisation chômage selon l'âge : droit commun et rupture conventionnelle, fins de contrat depuis le 1er septembre 2026
Âge à la fin du contratDroit communRupture conventionnelle
Moins de 55 ans548 jours (18 mois)456 jours (15 mois)
55 et 56 ans685 jours (22,5 mois)624 jours (20,5 mois)
57 ans et plus822 jours (27 mois)624 jours (20,5 mois)

Outre-mer : 608 jours avant 55 ans, 913 jours à partir de 55 ans. Le plafond n'est pas une durée accordée automatiquement : la durée individuelle se calcule à partir de la période de référence, des périodes retenues ou exclues et des règles de plafonnement. Pour les allocataires de 55 ans et plus, une prolongation encadrée peut être demandée sous les conditions prévues par la réglementation.

Combien ? L'allocation journalière est la plus élevée de deux formules : 40,4 % du salaire journalier de référence augmenté d'une partie fixe de 13,18 € (valeur depuis le 1er juillet 2025, non revalorisée au 1er juillet 2026) [18], ou 57 % de ce salaire, sans dépasser 75 %. Le salaire journalier de référence est calculé sur les rémunérations, primes comprises, des 24 derniers mois, ou 36 mois à partir de 55 ans. Le montant exact est notifié par France Travail ; le simulateur en donne une estimation.

Portabilité. La mutuelle et la prévoyance de l'entreprise sont maintenues gratuitement, lorsque les conditions sont remplies, pendant une durée égale à celle du dernier contrat (ou des derniers contrats consécutifs chez le même employeur), dans la limite de 12 mois et tant que dure l'indemnisation chômage [21].

7. Procédure et calendrier : de la signature à la fin du contrat

Comptez environ cinq semaines entre la signature et la fin du contrat. Aucun délai légal ne sépare l'entretien de la signature. Exemple pour une signature le lundi 5 octobre 2026, avec une réception de la demande par l'administration le 21 octobre et sans refus :

Procédure de rupture conventionnelle : étapes, règles et dates pour une signature le 5 octobre 2026
ÉtapeRègleDans l'exemple
Entretien(s)Au moins un ; le salarié peut être assisté par un collègue ou, sans représentants du personnel, par un conseiller du salarié [4]avant le 5 octobre
SignatureFormulaire Cerfa 14598, un exemplaire pour chaque partie5 octobre
Rétractation15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature ; chaque partie peut renoncer par lettre, sans motif ; la date d'envoi fait foi [22] ; un délai qui expire un samedi, un dimanche ou un jour férié est prolongé au jour ouvrable suivantdu 6 au 20 octobre
Demande d'homologationTransmise sur TéléRC après la fin de la rétractation [23]21 octobre
Instruction15 jours ouvrables (lundi à samedi, hors jours fériés) à compter du lendemain de la réception ; le silence vaut homologationdu 22 octobre au samedi 7 novembre, reporté au lundi 9 novembre
Fin du contratAu plus tôt le lendemain de l'homologation ; une date plus tardive peut être convenue10 novembre 2026 au plus tôt
Recours12 mois à compter de l'homologation, devant le conseil de prud'hommes [1]—

En cas de refus (indemnité inférieure au minimum, délais non respectés, absence d'entretien, doute sur le consentement) : une nouvelle convention signée après un refus implique un nouveau délai de rétractation avant sa transmission.

Salarié protégé (élu du CSE, délégué syndical, conseiller prud'homme, etc.) : la procédure est entièrement distincte. TéléRC n'est pas utilisé ; la consultation du CSE est requise pour les mandats concernés ; la demande relève de l'inspecteur du travail, qui dispose de deux mois, le silence valant rejet ; les voies de recours contre sa décision sont celles du contentieux administratif, pas le recours prud'homal [4]. Le calcul de l'indemnité ne change pas.

Ce qui est remis à la sortie : certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte, état récapitulatif de l'épargne salariale. Les engagements pris (dispense d'activité, date, accessoires) se formalisent dans la convention elle-même et, si nécessaire, dans des annexes clairement rattachées et signées.

8. Négocier son indemnité, et les cas particuliers

Le minimum est un plancher, pas un prix. Cinq points fixent la négociation :

Cas particuliers

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FAQ — indemnité de rupture conventionnelle 2026

Quel est le montant minimum d'une indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?

L'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire de référence par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, sans ancienneté minimale (au prorata des mois pour une année incomplète). Si la convention collective de branche ou un accord d'entreprise prévoit une indemnité de licenciement plus élevée, c'est elle qui s'impose.

Comment calculer son indemnité de rupture conventionnelle ?

Déterminez le salaire de référence (moyenne des 12 ou des 3 derniers mois, la plus favorable), l’ancienneté à la date de fin du contrat en mois complets, puis appliquez la formule légale et, le cas échéant, le barème de votre convention. Exemple : 3 000 € et 6 ans donnent 3 000 × 1/4 × 6 = 4 500 €.

L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?

Elle est exonérée jusqu'au plus élevé du minimum légal ou conventionnel de branche, de deux fois la rémunération de l'année précédente ou de la moitié de l'indemnité, ces deux derniers plafonnés à 288 360 € en 2026. La part qui dépasse est imposable. Si vous pouvez prétendre à une retraite, l'indemnité est imposable dès le premier euro.

Quelles charges sociales sur une indemnité de rupture conventionnelle ?

Côté salarié : CSG-CRDS de 9,7 % sur ce qui dépasse le minimum légal ou conventionnel, et cotisations sur ce qui dépasse la part exonérée d'impôt ou 96 120 €. Côté employeur : contribution de 40 % sur la part exclue des cotisations, pour les ruptures depuis le 1er janvier 2026.

A-t-on droit au chômage après une rupture conventionnelle ?

Oui, aux conditions habituelles de l'ARE. Le versement commence après 7 jours d'attente, un différé congés payés (30 jours au plus) et un différé spécifique de 1 jour par 111,80 € perçus au-delà de l'indemnité légale (150 jours au plus). Pour les fins de contrat depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale est de 456 jours avant 55 ans et 624 jours ensuite.

Combien de temps dure une rupture conventionnelle ?

Environ cinq semaines entre la signature et la fin du contrat : 15 jours calendaires de rétractation, puis 15 jours ouvrables d'instruction par la DREETS à compter de la réception de la demande. La rupture peut intervenir dès le lendemain de l'homologation.

Peut-on négocier plus que le minimum ?

Oui, et c’est fréquent. Au-dessus du minimum légal, chaque 111,80 € repousse d’un jour la première allocation, jusqu’à 150 jours ; au-dessus du minimum conventionnel, 9,7 % de CSG-CRDS s’appliquent. Le simulateur montre le net, le coût employeur et le différé pour le montant négocié.

L'employeur peut-il refuser une rupture conventionnelle ?

Oui. Elle repose sur l'accord des deux parties, aucun motif n'a à être donné, et chacune peut se rétracter dans les 15 jours qui suivent la signature.

Que se passe-t-il pour un salarié protégé ?

La convention doit être autorisée par l'inspection du travail, après consultation du CSE pour les mandats concernés ; l'inspecteur dispose de deux mois et son silence vaut rejet. L'indemnité se calcule de la même manière.

Indemnité de rupture conventionnelle ou de licenciement : quelle différence ?

Les deux partagent le même minimum de calcul et, hors retraite, le même régime fiscal et social côté salarié. Le licenciement ouvre lui aussi l'accès à l'assurance chômage. La rupture conventionnelle individuelle comporte en plus une contribution patronale spécifique et, depuis septembre 2026, des plafonds d'indemnisation chômage qui lui sont propres.

Conclusion : trois calculs, pas un

Le montant inscrit sur la convention n'est que le premier. Le minimum se détermine par la formule légale, au prorata dès le premier mois, puis par le barème de la convention de branche ou de l'accord d'entreprise quand il est plus élevé. Le net dépend de trois règles d'exonération empilées : impôt, cotisations, CSG, chacune avec sa limite, et d'un coût employeur de 40 % sur la part exclue des cotisations qui pèse sur toute négociation. Le chômage, enfin, se joue sur le différé : chaque euro négocié au-dessus du minimum légal repousse la première allocation, et les fins de contrat depuis le 1er septembre 2026 relèvent de durées propres à la rupture conventionnelle.

Information générale mise à jour le 6 octobre 2026. Les exemples reposent sur les données indiquées dans chaque cas ; ils ne remplacent ni un solde de tout compte, ni une notification de France Travail, ni un conseil individualisé.

Sources

  1. [1] Légifrance — Code du travail, art. L1237-11 à L1237-16 : conditions, rétractation, homologation, recours de 12 mois. legifrance.gouv.fr
  2. [2] Légifrance — Code du travail, art. L1234-9 et R1234-1 à R1234-4 : formule légale, mois complets, salaire de référence. legifrance.gouv.fr
  3. [3] DREETS — fiche « La rupture conventionnelle » : indemnité due au prorata des mois de présence avant un an d’ancienneté. dreets.gouv.fr
  4. [4] Service-Public — Rupture conventionnelle d’un CDI (fiche F19030) : procédure, assistance, salarié protégé. service-public.fr
  5. [5] Service-Public — Indemnité de licenciement (fiche F987) et calcul de l’ancienneté : périodes retenues ou exclues. service-public.fr
  6. [6] Accord national interprofessionnel du 11 janvier 2008 — art. 12, et circulaire DGT n° 2009-04 du 17 mars 2009 : minimum conventionnel. legifrance.gouv.fr
  7. [7] Légifrance — Convention collective Syntec (IDCC 1486), art. 4.5. legifrance.gouv.fr
  8. [8] Légifrance — Convention collective de la métallurgie (IDCC 3248), art. 75.3.1.2 et 75.3.3. legifrance.gouv.fr
  9. [9] Légifrance — Convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216), annexes cadres. legifrance.gouv.fr
  10. [10] Légifrance — Convention collective des transports routiers (IDCC 16), annexe IV, art. 17. legifrance.gouv.fr
  11. [11] Légifrance — Convention collective des hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979), art. 32. legifrance.gouv.fr
  12. [12] Cour de cassation — chambre sociale, 1er juillet 2026, n° 25-14.861 : accord d’entreprise et minimum de rupture conventionnelle. courdecassation.fr
  13. [13] Légifrance — CGI, art. 80 duodecies (exonération d’impôt) et art. 163-0 A (système du quotient). legifrance.gouv.fr
  14. [14] Légifrance — Code de la sécurité sociale, art. L242-1 (cotisations, retraite, cumul d’indemnités, seuils de 5 et 10 PASS) et art. L136-1-1 (CSG-CRDS). legifrance.gouv.fr
  15. [15] Légifrance — Code de la sécurité sociale, art. L137-12, modifié par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026), art. 15 : contribution patronale de 40 %. legifrance.gouv.fr
  16. [16] BOFiP — BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30 : indemnités de rupture du contrat de travail ; déductibilité de la CSG. bofip.impots.gouv.fr
  17. [17] Unédic — règlement d’assurance chômage et circulaire n° 2025-03, fiche 4 : différés d’indemnisation, délai d’attente, condition d’affiliation. unedic.org
  18. [18] Unédic — revalorisation de 0,5 % au 1er juillet 2025 (partie fixe 13,18 €) ; paramètres maintenus au 1er juillet 2026. unedic.org
  19. [19] Unédic — condition d’accès assouplie pour les primo-entrants (décret n° 2026-214 du 28 mars 2026) : 5 mois d’affiliation depuis le 1er avril 2026. unedic.org
  20. [20] Légifrance — loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 et avenant n° 2 du 10 avril 2026 à la convention d’assurance chômage : durées d’indemnisation après rupture conventionnelle. legifrance.gouv.fr
  21. [21] Service-Public — Portabilité de la mutuelle et de la prévoyance après la fin du contrat. service-public.fr
  22. [22] Cour de cassation — chambre sociale, 14 février 2018, n° 17-10.035 (date d’envoi de la rétractation) ; 26 janvier 2022, n° 20-15.755 (renonciation à la clause de non-concurrence en rupture conventionnelle). courdecassation.fr
  23. [23] Travail-emploi.gouv.fr — TéléRC, téléservice de la rupture conventionnelle. travail-emploi.gouv.fr
  24. [24] DARES — Les ruptures conventionnelles homologuées, séries trimestrielles : 514 627 en 2024 ; 130 300 au 2e trimestre 2025, 132 400 au 3e trimestre 2025 ; 122 600 au 1er trimestre 2026 (−2,8 %). France métropolitaine, hors agriculture et particuliers employeurs. dares.travail-emploi.gouv.fr
  25. [25] ZenFiscal.fr — simulateur rupture conventionnelle : zenfiscal.fr/rupture-conventionnelle
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